La bande de Caprivi

26 février 2021

Nous quittons Grootfontein au petit matin pour rejoindre nos amis la famille Schmitt dans leur lodge afin de reprendre la route ensemble en direction de la bande Caprivi. La route est très longue et pas forcément des plus intéressantes par rapport au reste de la Namibie pour se rendre jusque là-bas. Alors nous décidons de couper avec quelques attractions pour nous changer les idées.

Nous nous rendons le matin sur le site de la plus grande météorite du monde tombée il y a seulement 80 000 ans. Elle fait environ 3m par 3m sur 1m d’épaisseur et pèse 60 tonnes !! Elle est principalement constituée de fer à 80% et nickel à 15%, ce qui explique son poids. Après une petite photo de groupe, on ne s’éternise pas et nous prenons la route en direction du nord-ouest.

Nous roulons environ 300km sur cette grande ligne droite. Nous nous enfonçons vers une autre image de la Namibie. Nous sommes loins de ses régions désertiques, la végétation devient luxuriante, le temps plus humide et petit à petit de nombreux villages apparaissent sur la route. Nous avons l’impression de voir l’Afrique telle qu’on se l’est imaginé : des petits villages éparpillés, des cahutes faits avec les moyens du bord (du bois, de la terre, de la tole), du monde au bord de la route…

Nous arrivons en fin de journée sur Rundu, le point d’entrée de Caprivi, une ville où semble régner le bordel organisé à l’africaine. Nous nous attarderons pas, car nous avons trouvé un petit camping en retrait de la ville au bord du Zambeze. La route pour y accéder est inondée, on se paie une belle partie de 4×4 dans la boue et les flaques. On en rigole bien car nous sommes à 2 voitures, c’est plus rassurant en cas de galère. Ce soir-là, nous partageons le lieu avec un rassemblement de fervents chrétiens qui s’installent au crépuscule, préparent un grand repas près de nos tentes, chantent des chants chrétiens et prient. Le lendemain matin, nous sympathisons avec le pasteur. Celui-ci nous propose de chanter un chant rien que pour nous et même de nous dédier une prière. Quelle que soit la croyance de chacun, ce moment était extrêmement poignant et émouvant. Les africains vivent tellement la musique, la danse et la foi, qu’ils arrivent à nous « prendre aux tripes » et emporter nos cœurs.

Le lendemain, nous rentrons dans la bande de Caprivi. Cette bande est longue de 450km et large de 30km, elle est à la frontière de l’Angola au nord, de la Zambie à l’ouest et du Botswana au sud. La route est plutôt mauvaise avec de gros trous au milieu de la chaussée, pas toujours faciles à anticiper sans parler quand il faut doubler et que la voie de droite est également trouées… Nous n’apprécions vraiment pas cette route droite, monotone, entourée de végétation luxuriante, parsemée de trous difficiles à éviter. Nous faisons une pause le midi dans un joli campsite qui pour quelques euros nous permet de déjeuner au bord de la piscine à l’ombre d’un magnifique citronnier.

Nous reprenons la route pour s’arrêter pour la nuit à Divundu. Nous trouvons un superbe campsite, sûrement un de nos favoris, plein d’humour avec des installations sanitaires qui sortent de l’ordinaire. Il est situé le long de la rivière près des crocodiles et des hippopotames qui viennent souvent à la nuit tombée se balader dans le camping. Pour se rendre au camping, on s’exerce de nouveau aux 4×4 un peu extrême avec des énormes marres à traverser.

Après une bonne nuit où certains d’entre nous ont entendu l’hippopotame se promener autour des 4×4, nous partons pour la journée. Nous faisons une halte pour quelques courses. Notamment notre ami Stéphane s’essaie au marchand du bord de route, ici le boucher avec une viande de vache toute fraiche mais déjà envahie de mouches.

Nous nous rendons ensuite au parc Mahangu, la première réserve sur notre route de Caprivi. Au vue des inondations récentes de la région, seule une toute petite partie est ouverte : 30 km de piste aller/retour sont praticables. Et pourtant malgré ce petit parcours, à comparer de grands parcs comme Etosha, on en prend plein les yeux : des koudous, springboks, girafes, phacochères, puis un peu plus tard l’hippopotame, des troupeaux de dizaines d’éléphants avec leurs petits et pour finir nos premiers buffles… Nous adorons ce parc, tellement de choses à voir en peu de temps. On ne ressent pas la fatigue des recherches infructueuses qui durent des heures comme nous avons pu connaître à Etosha.

Nous rentrons pour 17h au campement car nous sommes attendus pour une croisière sur la rivière au coucher du soleil. Nous rencontrons des groupes d’hippopotames qui essaient de nous intimider pour certains. Il y en a même un qui bondit très haut au dessus de l’eau. Nous voyons également un crocodile nager et un autre lézarder au soleil couchant. Nous rentrons à la fin du coucher de soleil qui nous offre un très beau spectacle aux couleurs oranger.

Nous passons une agréable soirée barbecue au camping. Le lendemain matin, nous démarrons plus cool, je prépare des pancakes pour satisfaire tous les gourmands. Ensuite on s’attaque à l’école pour se remettre un peu à jour. Nous prenons bien notre temps ce matin-là, du coup nous décidons d’avaler rapidement notre déjeuner sur place avant de reprendre la route.

Nous roulons tout l’après-midi. La route est toujours aussi monotone, une grande ligne droite au milieu de la végétation, plus beaucoup de villages traversés…

Nous arrivons un peu limite avant la tombée de la nuit dans un camping que nous avons eu du mal à trouver. En effet, nous sommes arrivés à hauteur du Mudumu National Park. Il y a tellement peu de touristes dans la zone, que les lodges sont fermés. Le camping accepte de rouvrir la zone de campement rien que pour nous ! Nous sommes rejoint ce soir-là par une grande famille de baroudeurs, déjà croisée en Suède en septembre, les untouracinq. Ils ont tracé depuis la frontière du Botswana pour nous rejoindre dès le soir même, alors que ce n’est pas dans leurs habitudes. Nous sommes heureux de tous nous retrouver. Nous partageons un bon apéro et un bon repas en discutant d’Afrique, de voyages, d’enfants…

Le lendemain, Stéphane et son fils nous font une grosse récolte de maracujas, comme des fruits de la passion, un délice et on a de quoi faire pour les 15 jours à venir !

Après un copieux petit-déjeuner, nous partons en direction du Mudumu Park, les 3 familles ensemble. Malheureusement, le parc est fermé. Les pistes sont inondées par moment jusqu’à plus d’1 mètre de fond. Nous faisons donc demi-tour. Cependant comme la route principale traverse le parc, nous décidons de nous enfoncer un petit peu dans le parc sans risque en suivant les pistes qui amènent à des lodges. Nous ferons chou blanc, aucun animal croisé. Nous nous autorisons une petite dernière piste en direction de la « hippo pool ». Nos amis ne nous suivent pas avec le camping-car pour ne pas prendre de risques. Le jeu en valait la chandelle car nous sommes bien tombés sur un groupe de hippopotames baignant dans la rivière.

Quand nous reprenons la route, nous tombons sur des empreintes de guépards, mais nous ne voyons pas le félin !

Tous les parcs du sud de la bande de Caprivi sont fermés à cause des récentes inondations. Nous décidons tous ensemble de ne pas aller plus loin dans Caprivi et de commencer à reprendre le chemin du retour. Nous tentons un dernier parc, le Bwabwata park qui longe une bonne partie de la route de Caprivi mais les gardes n’autorisent pas le camping-car à y circuler. Nous rencontrons un couple de français qui sort tout juste du parc et nous informe que même en 4×4 ça ne vaut pas vraiment le coup. La végétation est beaucoup trop fournie et haute pour apercevoir des animaux. Alors sans regret, nous reprenons tous ensemble la route principale jusqu’à Divundu. Nous ferons quelques petits stops pour acheter des beignets sur le bord de route et pour que la famille Schmitt donne des t-shirts aux enfants que l’on croise sur le bord de route. Nous dormons au camping des Popa Falls, accessible aussi bien aux 4×4 qu’au camping-car ce qui nous permet de profiter d’une dernière soirée entre les 3 familles.

Le lendemain, les enfants, en particulier les 3 petits, sont déçus de se quitter. N’ayant pas apprécié la route à l’aller, nous essayons de tracer au maximum pour quitter Caprivi et d’entamer notre retour à Windhoek.

A suivre…

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