Sur les traces des bushmen

11 février 2021

Nous arrivons en toute fin de journée sur le site de Spitzkoppe. Nous avons trouvé un campsite en dehors de la réserve avec des installations plutôt sommaires (la douche et les toilettes entre 4 tôles) mais un cadre très sympa avec vue sur le Spitzkoppe notamment. Au petit matin, après une partie de billard à la réception, nous partons à la découverte de la réserve.

La réserve de Spitzkoppe est très bien organisée. Il y a différents lieux recommandés à visiter en plus de quelques marches possibles, on peut même camper dans la réserve. Nous nous rendons au premier point conseillé le « bushmen paradise ». Nous sommes accueillis par un guide San. Les San sont l’un des peuples « bushmen » de Namibie (littéralement hommes de la brousse). Il nous emmène pour un grand tour de 2 heures à la découverte de l’ancien habitat des bushmen. Nous profitons à la fois d’une belle randonnée et baignons pour la première fois dans la culture du pays depuis que nous avons mis les pieds en Namibie.

Le guide nous explique tout au long de la ballade comment les bushmen vivaient dans cette nature désertique plutôt hostile. Voici un petit résumé de ce que nous avons appris : chez les bushmen, les hommes chassent et les femmes s’occupent de cueillir dans la nature de quoi manger ou se soigner. Pour la chasse, ils ont développé différentes techniques : s’enduire le corps avec une mixture de sève et écorce d’arbres pour ne pas être repéré par les animaux sauvages, fabriquer des arcs et des flèches empoisonnées avec le bois flexible de certains arbres et la sève d’une plante toxique. Pour leur survie, ils trouvaient de l’eau en suivant les rhinocéros. Ils migraient d’un lieu à un autre toujours en fil indienne avec les femmes et enfants au milieu afin de les protéger. Pour communiquer, ils peignaient ce qu’ils voyaient sur la roche : rhinoceros, oryx, autruche, girafe, des bushmen qui chassent… Ainsi si d’autres peuples arrivaient dans le coin, ils savaient ce qu’ils pouvaient y trouver. Pour la peinture, il mélangeait de la terre ocre et du sang pour l couleur rouge, du pipi de Rock Hyrax (cela ressemble à une grosse marmotte) avec la sève de plante toxique pour faire la couleur blanche. Enfin, nous avons eu le droit à un cours de langue des clics : un moment très rigolo avec les enfants qui essayaient de reproduire les 4 sortes de claquement de langues que les San ajoutent entre les mots.

Nous remercions notre super guide et repartons du côté de l’arche qui fait la célébrité de ce site pour y pique-niquer. Nous avons le droit à la visite de quelques lézards, notamment un très rigolo de couleur bleue et orange le « pumping lizard » pour la simple raison qu’il fait quelques pompes dès qu’il s’arrête quelque part… 🙂

Nous terminons le tour de la réserve par la « rock pool », petite piscine naturelle dans la roche. Nous voyons même quelques tortues nager dans l’eau.

Nous reprenons la route pour s’enfoncer dans la région du Damaraland, célèbre pour ces éléphants du désert. Nous ouvrons grand les yeux tout au long de la route mais nous ne voyons aucun éléphant. Nous nous arrêtons pour la nuit au White Lady Lodge, un très beau campsite où les enfants vont pouvoir profiter de la piscine. Le lendemain matin, nous avons la bonne surprise de découvrir notre pneu à plat (toujours le même…) a priori on aurait rouler sur des épines d’acacia créant de multiples micro-trous. Heureusement le lodge propose de gérer la réparation pour la modique somme de 4€. En attendant, nous faisons l’heure d’école et la pause baignade avant de reprendre la route sur 4 pneus bien gonflés 🙂

Nous arrivons à la réserve du Brandberg White Lady. Un guide nous attend pour nous emmener voir les peintures rupestres qui sont à 1h de marche. Il ne fait heureusement pas trop chaud ce jour-là pour marcher, d’autant que nous partons à 11h. La roche est rouge et par moments presque noire. Nous trouvons pleins de cacas d’éléphants mais ils datent de plusieurs années. En effet, cette région déplore de ne plus avoir de pluie depuis 7 ans maintenant, les éléphants ont alors migré plus au nord du Damaraland pour trouver de l’eau.

Notre guide n’est pas avare en explications mais dans tous les cas cette excursion vaut le coup tellement les peintures sont belles et depuis peu bien conservées. Nous distinguons très bien les différents animaux, les bushmen et un peu plus difficilement la fameuse White Lady qui représente le shaman. Elle a été pas mal détériorée par les passages successifs des visiteurs malintentionnés avant que ce tour ne soit guidé (et donc surveillé !).

Nous repartons de nouveau plus au nord du Damaraland pour rejoindre la région de Twyfelfntein. J’ai trouvé un campsite où j’ai bien négocié le prix (en clair je suis fière de moi :)) ! Bon en fait une fois sur place, c’est plutôt très sommaire alors finalement on a payé limite encore trop cher :D… Pour ne citer que quelques exemples : quand on a voulu boire l’eau, nous avons découvert pleins de petits poils qui flottent… Pour la douche, elle ne coulait pas mais gouttait froid (un petit feu de bois sous la cuve d’eau pour la faire chauffer en vain semble-t-il)… En clair, ce n’est pas Koh Lanta mais ce n’est pas ce qu’on appelle le grand confort. Par contre, nous sommes sur un site incroyable. Après une petite grimpette en fin de journée, nous découvrons une vue magnifique sur toute la vallée de Twyfelfntein à 360°C.

Le lendemain matin, nous sommes qu’à quelques kilomètres du site de gravures pariétales de Twyfelnftein. Le site s’appelle ainsi car il est entouré de montagnes. C’est très aride, peu ou voire pas de végétations et des roches d’un rouge intense qui se découpent sous un ciel bleu intense. Il y a des milliers de gravures un peu partout sur le site qui datent entre 4000 et 2000 ans, réalisées à l’aide de quartz. Ces dessins sont également un témoignage du passé sur les animaux qui se trouvaient dans cette région et donc un indice également sur le climat de l’époque. Ils ont par exemple retrouvé des gravures de pingouin et d’otaries.

Nous nous rendons ensuite sur le site de « Organ Pipes », une formation rocheuse de groupe de basaltes colonnaires qui rappellent les tuyaux d’orgue des églises.

Nous continuons vers la « Burnt Mountain » ou montagne brulée. Il s’agit d’une petite montagne volcanique avec une pierre tellement noire qu’on dirait qu’elle a brûlé. Ce site ne casse pas trois pattes à un canard, nous aurions pu nous passer de payer l’entrée de la réserve… Je crois que les photos parlent d’elle-même !

Nous filons ensuite en direction du site de la forêt pétrifiée, dernière réserve que nous visitons dans le Damaraland. Faute de trouver un petit « boui-boui » pour casser la croûte, nous profitons de l’aire de pique-nique de la réserve pour déjeuner avant d’aller visiter cette fameuse forêt pétrifiée.

Comme pour toutes les réserves du Damaraland, nous sommes accompagnés d’un guide. Nous découvrons de grands pins pétrifiés, durs comme de la roche et pourtant avec l’aspect du bois. Le bois a été pétrifié à la suite de la couverture des troncs par des sédiments, et le remplacement des matières organiques par de la silice au cours de quelques millions d’années. L’érosion a fait réapparaître les troncs à la lumière. De nombreux troncs sont sans doute encore enfouis. La visite ne dure pas très longtemps, en même temps le soleil tape très fort. Mais ce site valait le coup d’être vu et nous étions pour le coup leurs seuls visiteurs de la journée…

Après cette dernière réserve, nous terminons la journée par un peu de route jusqu’à Palmwag où nous nous reposons dans un très beau campsite. En temps normal, on peut voir des éléphants traverser le camp mais le manque de pluie les a fait migrer plus au nord encore. Les enfants sont contents de se rafraichir à la piscine et Ludo de préparer son barbecue avec le soleil couchant. Nous sommes le 14 février, alors ce sera petit apéro en tête à tête avant de partager notre repas en famille.

Le lendemain matin, nous avons le droit à un visiteur surprise, joli petit oiseau sur notre échelle 🙂 Nous profitons d’une matinée tranquille pour faire un peu d’école et une baignade avant de reprendre la route.

Nous reprenons la route en fin de matinée. Nous traversons tout le nord désertique du Damaraland. Malgré la nature très hostile, nous voyons quelques animaux sur notre périple : autruches, girafes, springboks et babouins. Mais nous ne trouvons pas ces fameux éléphants du désert ! Nous faisons notre pause déjeuner dans un petit village dans une guesthouse qui nous prépare de très bons croque-monsieur puis nous repartons sur les pistes.

Nous arrivons à Opuwo pour 17h, nous voilà désormais en terre Himba…

A suivre dans un prochain article !

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