Voyage en terre Himba

15 février 2021

Nous atteignons Opuwo en fin d’après-midi. Cette ville marque notre entrée dans le territoire Himba. Opuwo n’a rien à voir avec les autres villes traversées, qui étaient empreintes de la colonisation allemande. Ici c’est bien l’Afrique avec tout ce qu’il peut y avoir d’hétéroclite : on y croise aussi bien des peuples indigènes comme les Héréros, des Himbas, des Sans mais aussi des namibiens habillés d’un simple pantalon/t-shirt au costume 3 pièces…. On y côtoie toutes les richesses : des bidonvilles jusqu’aux maisons plus cossues.

Lorsque nous arrivons, nous nous rendons au supermarché SPAR du coin pour faire le plein. Notre voiture se retrouve vite entourée sur le parking par plusieurs vendeurs ambulants, principalement des Himbas. Comme il est de coutume ici, un gars se propose de surveiller notre voiture moyennant un pourboire à notre retour. Nous prenons un vrai bain de foule dans le supermarché, les enfants sont un peu impressionnés. Malo ne me lâche pas d’un mètre. Nous n’avons pas osé photographier mais l’image était belle : un petit blond aux yeux bleus d’1m15 coincé entre une femme Herero avec sa longue robe africaine très colorée et son chapeau en forme de corne de buffle et les deux Himbas seins nues avec une jupe en peau de chèvre…

Nous croisons dans le supermarché la famille de baroudeurs franco-québécois que nous devions justement retrouver à Opuwo. Il s’agit des « 5 couleurs primaires », Caroline et Sam et leurs trois enfants Enzo, Noé et Jolan. Nous faisons vite fait les présentations masqués puis nous filons tous ensemble au campsite.

Le camping se situe sur les hauteurs avec une vue splendide sur la vallée en contrebas. Nous profitons de cette fin de journée au bord de la piscine pour faire plus amples connaissances, suivie d’une soirée barbecue. Nous avons prévu de passer quelques jours ensemble sur ces terres Himba.

Le lendemain matin, nous décidons encore de profiter quelques heures de ce cadre magnifique avant de reprendre la route. Les enfants s’entendent déjà super bien, du coup on mélange les enfants dans les voitures pour qu’ils puissent en profiter. Nous roulons en direction d’Epupa Falls, une longue route qui peut devenir très compliquée lorsqu’il pleut. Heureusement, ce ne sera pas notre cas mais nous traversons beaucoup de lits de rivière asséchées qui nécessitent toujours de ralentir pour éviter un vol plané. Nous nous arrêtons pour le déjeuner sous un arbre assez gros pour tous nous abriter du soleil. Puis nous reprenons la route. Les paysages changent, la terre vire au ocre, la végétation commence à apparaitre à l’approcher de la rivière Kunene. Lorsque nous arrivons à Epupa Falls, nous avons l’impression de voir un oasis au milieu du désert : la végétation est luxuriante autour de la rivière, le tout est entourée de montagnes rouges désertiques. Nous nous installons à notre camping juste au bord de la rivière, attention aux crocodiles ! Nous restons tranquilles à profiter de la piscine pour cette fin de journée.

Le lendemain, nous organisons une petite séance d’école collective : Malo avec Noé et Jolan sous le contrôle de Caroline, et les 3 grands Hugo, Louis et Enzo avec moi.

Puis nous partons nous promener et nous rejoignons les fameuses cascades d’Epupa qui sont à 500m du camping. La rivière Kunene qui sépare ici la Namibie de l’Angola tombe dans une faille de plusieurs dizaines de mètres en de multiples cascades, l’eau ruisselle de partout entre les roches, les baobabs et les palmiers. Nous trouvons un petit coin abrité pour se baigner. Cela nous fait penser à notre petit coin ardéchois, La Souche, les enfants s’amusent à faire des barrages en déplaçant les pierres de la rivière.

Nous rentrons au camping pour le déjeuner. Au moment du café, nous avons le plaisir de retrouver la famille Schmitt « Et pourquoi pas aller voir ailleurs ? » que nous avions rencontré à Swakopmund. Nous passons l’après-midi à discuter, et les enfants à jouer tous ensemble : 8 garçons, je vous laisse imaginer !!! En fin de journée, nous allons au point de vue sur les cascades d’Epupa pour prendre un apéro entre adultes. Nous avons vraiment bien fait, le panorama est juste exceptionnel : nous découvrons toutes les cascades d’Epupa éparpillées le long de la faille.

Le lendemain, Hugo a le droit à un brushing de la part de Laetitia pour bien commencer la journée.

Sam nous a dégotté un super plan en discutant avec les petits marchands ambulants près de notre camping. Nous partons les 3 familles visiter une école au fin fond de cette région désertique. Nous parcourons 12 km de pistes très abimées par les précédentes inondations, au fur et à mesure que nous avançons nous nous demandons vraiment où peut être cette école. Nous sommes très surpris de découvrir une grande école avec plusieurs dizaines d’élèves. Le directeur nous reçoit et nous explique le fonctionnement. Nous rencontrons chaque classe et leur professeur. Nous sommes étonnés de voir que les consignes COVID sont arrivés jusqu’à eux : masques portés en classe et distanciation des bureaux de chaque élève d’un mètre. Les enfants restent à l’école du lundi au vendredi car ils viennent tous des villages « alentours », certains font plus d’une dizaine de kilomètres à pied pour se rendre à l’école. Les instituteurs eux sont sur place pendant 1 mois entier, ils rentrent chez eux plus rarement laissant leurs familles loin, comme ce professeur qui avait sa femme et sa fille à Opuwo à 3 heures de pistes de l’école. On a ressenti un vrai dévouement de la part de ces instituteurs. Les enfants commencent l’école à 7h. Ils ont une pause de 10h à 11h pour prendre le déjeuner : une sorte de porridge local leur est servi. Puis ils retravaillent jusqu’à 15h. Un second et dernier repas leur est servi à 18h et toujours le même porridge. Les dortoirs sont clôturés pour ne pas que les gamins filent à l’anglaise le soir. Le directeur doit remplir un registre quotidiennement et renvoyer pas mal de documents tous les trimestres pour justifier des besoins de l’école et recevoir les denrées essentielles en nourriture, eau (une denrée rare en Namibie mais encore plus dans cette région ! 7 ans qu’ils n’ont pas eu de pluie…), et affaires d’école. L’école nous a également offert un moment très émouvant pour nous : les plus grands ont chanté une chanson religieuse, digne d’une très belle chorale. Ils nous ont embarqué avec eux, les africains vivent tellement leur musique et leurs chants. Magique !!!

Après cette visite qui nous a ému et enchanté, nous repartons avec notre guide, une jeune fille de père Héréro et de père Himba, vers un village Himba authentique où ils n’ont pas l’habitude de côtoyer les touristes. Le village se situe à 5km de Epupa. Nous arrivons sur une grande plaine désertique de terre rouge où petit à petit nous apercevons le village Himba. Les femmes Himba nous accueillent et nous partagent leurs coutumes. La structure de leur hutte est faite de bois puis recouverte d’une sorte de boue rouge. Les hommes sont partis avec leurs troupeaux. Un homme peut avoir plusieurs femmes et passe de cahutte en cahutte selon son bon vouloir. Les enfants Himba ne vont pas à l’école. Nous passons une heure dans ce village, nous leur offrons des denrées et de l’eau pour leur confort.

Nous revenons sur Epupa pour notre déjeuner. Nous avons réservé un « boui-boui » pour manger local : de la chèvre (un peu dur :p), du porridge, des pommes de terre le tout servi avec un très bon jus et enfin des petits gateaux maison en dessert. Nous rentrons tout juste les 14 sous la cahutte, c’est parfait.

L’après-midi, les enfants profitent de jouer et se baigner tous ensemble sous la surveillance de Laetitia. Nous partons entre adultes nous promener le long de la rivière afin de profiter de différents points de vue sur les cascades. La ballade est belle, un peu dure sous le soleil ardent malgré la fin de journée. Au retour, on profite d’un bain dans la rivière pour se rafraichir avant de rentrer au camping. Quand nous arrivons, Laetitia, au top, a déjà fait dîner les petits. Du coup, on organise une séance cinéma – popcorn pour les enfants et nous passons une agréable soirée entre parents. 🙂

Le lendemain, nous reprenons tous la route pour Opowu pour une dernière journée et soirée tous ensemble dans le camping à la piscine à débordements.

Le lendemain, nos routes se séparent avec la famille « Les 5 couleurs primaires » qui repart vers le sud. Nous prenons la direction du parc d’Etosha avec la famille Schmitt.

A suivre…

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