La côte des Caraïbes

22 mars 2021

Nous arrivons à Carthagène en tout début d’après-midi après un interminable trajet de bus de 17h. Nous sommes tellement épuisés que nous nous posons à l’appartement que nous avons loué dans le quartier de Bocagrande. On l’appelle le Miami de Colombie : en gros il s’agit d’une péninsule au sud du centre-ville avec de grands buildings sur la plage.

Les enfants trépignent de pouvoir aller se baigner dans la mer alors nous nous motivons après le goûter pour faire un tour à la plage. Nous sommes arrivés pendant un week-end férié : la plage est bondée de colombiens chacun écoutant sa propre musique. Il y a pleins de vendeurs à la sauvette pour des chapeaux, des bijoux, des objets en bois, de la nourriture, des boissons et des massages… il y en a pour tous les goûts. Au vue du passage du week-end, la plage est plutôt sale mais les enfants apprécient la baignade et s’en donnent à cœur joie.

Après une bonne nuit de récupération, nous partons à la découverte du vieux Carthagène. Carthagène des Indes est connue pour ses vues à couper le souffle notamment ses fortifications historiques, construites à l’époque coloniale espagnole pour la protéger des nombreuses attaques de pirates et de corsaires venus d’Europe. La ville est la forteresse la plus infranchissable d’Amérique du sud et des Caraïbes. Elle doit son nom aux conquistadores espagnols qui la trouvait ressemblant à la ville de Carthagène en Espagne, et croyant qu’ils étaient en Inde l’ont nommé « Carthagène des Indes ». Elle est caractérisée par des bâtiments de style colonial colorés et des rues pavées. Chaque maison a ses fenêtres grillagées au rez de chaussée et un balcon à l’étage où les carthagénois vivaient principalement pour se protéger des pillards. Il y a également de très belles portes d’entrée cossues en bois avec chacune son heurtoir avec une signification précise. Le lézard signifiait que l’on faisait partie ou que l’on descendait de la famille royale. Le lion signifiait que l’on faisait partie de l’armée ou de l’Église, et était presque toujours destiné aux portes des églises. Le poisson ou les figures marines signifiaient que l’on était commerçant. De la main, on disait que c’était la main de la Vierge de Fátima, par conséquent, c’était une famille religieuse.

Nous passons la matinée à parcourir les remparts puis à flâner dans les petits rues. Nous nous arrêtons déjeuner dans un restaurant de ceviche, trop bon !! Ca nous fait du bien de manger frais et léger 🙂

Nous nous dirigeons ensuite au musée de l’inquisition. Le lieu en lui-même est intéressant à voir pour se baigner dans l’atmosphère de l’époque. Par contre, la plupart des panneaux sont rédigés en espagnol, on ne pourra malheureusement pas tout bien comprendre de l’histoire.

Après cette visite, nous quittons la vieille ville et nous nous rendons dans le quartier de Getsemani. Il s’agit d’un quartier branché et touristique notamment grâce à la présence de nombreuses oeuvres de street art qui attirent les voyageurs. Mais c’est aussi un quartier avec une histoire forte qui a toujours été en lien avec des mouvements de contestation, de révolution et d’alternative. A l’époque coloniale, ce fut le quartier des esclaves noirs transportés de force d’Afrique.

Nous entrons dans ce quartier au hasard d’une petite ruelle. Au bout d’une dizaine de mètres on découvre une rue avec murs colorés, aux cafés terrasses à l’ambiance de village et côté un peu bobo. Chaque rue apporte son lot de surprises et c’est un bonheur pour les yeux, un véritable coup de cœur !

De retour à notre appartement, les enfants réclament une dernière baignade dans la mer. Nous y arrivons vers 17h15 sans savoir qu’il y avait un couvre-feu pour la plage. Les enfants ont eu le temps de faire un plouf 15 minutes. C’était sans compter sur le policier qui sifflait depuis un bon quart d’heure nos enfants depuis la plage pour leur faire comprendre qu’il fallait sortir de l’eau 🙂

Le lendemain, nous quittons Carthagène. Nous avons décidé de louer une voiture pour faire la côte. Nous prenons la direction de Santa Marta. En théorie, nous nous attendions à faire 3 petites heures de route au vue des kilomètres qui nous séparaient de notre destination. En réalité, en Colombie, on ne compte jamais en kilomètres… Nous avons mis presque 5 heures, il faut compter rouler en moyenne à 50 km/h. Nous découvrons les joies de la conduite à la colombienne : pas de règles de conduite, on double quand on veut, où on veut, à gauche, à droite, sans visibilité, en pleine ville… Les camions et les bus nous doublent n’importe où, ça klaxonne dans tous les sens. Bref c’est une sorte de bazar organisé, du moins les colombiens s’y retrouvent dans ce bordel et nous on serre les fesses pour ne pas accrocher la voiture !! La côte de Carthagène à Santa Marta nous montre l’envers du décor. Nous traversons les bidonvilles, les rivières ne sont plus que des rivières de déchets, ils jettent tout à la mer pensant que cela va nettoyer 😦

Nous arrivons en fin d’après-midi au Camali Hotel, une très belle auberge construite et tenue par un français installé en Colombie depuis vingt ans. Il l’a fait dans le style du village de Villa De Leyva avec deux grands patios, dont un réservé à une très belle piscine. Nous sommes tous ravis de profiter d’un peu de confort pendant quelques jours. Nous y retrouvons nos amis Les 5 couleurs primaires.

Le lendemain, nous partons tous ensemble pour une activité de descente de rivière en bouée. Nous avons rendez-vous à côté du Rio Don Diego, il s’agit d’une des multiples rivières de la côte qui se jettent dans la mer. Les bouées sont en fait des chambres à air de camion recyclées en bouée. Nous laissons toutes nos affaires dans les voitures et nous partons en maillot, les fesses dans les bouées, tirés par nos deux guides dans la rivière. L’un des guides s’occupe finalement que de nos enfants, le pauvre, 6 garçons dans l’eau c’est pas du repos !! Et l’autre nous tire, les parents sont en mode feignasse. Mise à part le côté très ludique de cette activité, nous apprécions la proximité que cela nous offre avec la nature. Comme nous descendons en silence se laissant guider par le courant, nous n’effrayons pas la faune. Nous observons multiples oiseaux, singes, tortues et mêmes des petits crocodiles !! Nous débouchons sur une plage de sable blanc déserte, seulement une petite échoppe pour nous vendre des boissons. La mer est forte à cet endroit, les enfants ne pourront se baigner mais ce n’est pas grave, ils ont de quoi faire en construction de sable. Après une petite heure de pause, nous retournons à notre point de départ en bateau cette fois-ci nous permettant d’approcher de nouveau la faune des bords de rivière.

Sur les conseils de notre hôte de Santa Marta, nous nous dirigeons ensuite sur la Playa del Cocos pour prendre notre déjeuner tardif sur le restaurant de la plage et profiter de la baignade le reste de l’après-midi. C’est un sacré bon plan, la plage est bien cachée, il faut en effet vraiment bien connaître pour pouvoir s’y rendre !

Sur cette jolie plage se trouve un petit restaurant local. Nous leur demandons la carte. Oh surprise ! Ils nous ramènent le plateau des poissons fraichement pêchés pour choisir celui qui finira à la casserole. Mise à part qu’ils ne savent pas cuisiner le poisson autrement qu’en le faisant bien frire, nous nous régalons de notre repas copieux. Nous profitons ensuite de la baignade avec nos enfants. La mer ici est très agitée et les vagues vraiment puissantes, les grands s’éclatent !

Nous rentrons à la nuit à notre auberge après cette belle journée partagée avec nos amis Les 5 couleurs primaires.

Le lendemain, Ludo et Hugo partent en plongée à Taganga, un village de pêcheurs près de Santa Marta, avec nos amis Sam et Caro. Ils retrouvent également Stéphane et Max (la famille Et pourquoi pas aller voir ailleurs ?). Ils ont 2 plongées prévues dans la matinée. La visibilité n’est pas la meilleure des Caraïbes. Ils voient notamment un hippocampe, des poissons lions, des poissons boites, une murène en train de chasser… Hugo et Ludo sont contents de partager cette 1ère plongée ensemble papa et fiston 🙂

De mon côté, je reste à l’hotel garder les 5 petits gars. Après notre petit-déjeuner habituel aux crèpes nutelle :p, nous nous occupons entre école et piscine. La matinée passe vite.

Le midi nous nous retrouvons tous ensemble et partons déjeuner dans un restaurant local recommandé par notre hôte pour ses cassolettes de la mer. En attendant notre repas, nous faisons connaissance avec le perroquet du restaurant.

¨Puis nous rentrons à l’hotel pour un après-midi farniente et piscine.

Le lendemain, nous quittons nos amis. Ils repartent en direction de Carthagène. Nous nous rendons à Minca, un village dans la Sierra Nevada à une quinzaine de kilomètres de Santa Marta. Une fois au village, des motards nous persuadent de faire notre ballade à la cascade à l’aller en moto et retour à pied. C’est parti pour 4 kilomètres dans les chemins de terre, Malo et moi sur une moto, Hugo et Louis sur une autre et enfin Ludo sur la 3ème. Je ne suis pas une grande fan des deux roues mais c’est une expérience dans ce cadre ! Alors je tiens bien mon petit gars et c’est parti !

Il nous reste une dernière bonne montée à pied pour rejoindre la cascade. L’eau est bien fraiche mais les enfants sont téméraires, ils ont l’habitude de l’Ardèche 🙂

Après cette baignade rafraichissante, nous rentrons donc à pied jusqu’au village. Sur le chemin, nous voyons un toucan mais cet oiseau est très timide, nous n’avons pas le temps de le prendre en photo. Nous nous faisons dévorer par des petites mouches noires, nous comprenons vite notre douleur, ça gratte 10 fois plus que les moustiques… arghhh (en prime ça dure 10 jours, une trentaine de piqures par jambe chacun…) ! Nous découvrons aussi les cigales colombiennes de la taille d’une paume de main, elles font un bruit bien plus strident qu’en France.

Après 4 kilomètres de marche, nous voilà de retour au village. Nous trouvons un petit resto local avec le menu del dia classique : soupe, viande grillée avec riz et jus de fruits, au total 7,5€pour 5 :). On prend notre dessert dans une patisserie française, ce n’est pas la première qu’on croise en Colombie ! Puis nous reprenons la route pour quitter la région de Santa Marta qui rentre en confinement le soir-même.

Nous faisons un premier stop à Buritaca, une plage que nous avait conseillée notre hôte de Santa Marta. Nous sommes super bien accueillis par un colombien qui nous invite à nous garer sur le parking de son hotel pour rejoindre la plage. En échange, on s’offre un bon petit « Jugo naturales de Maracuja », comprenez jus de fruit frais aux fruits de la passion, un régal ! La plage est déjà fermée à cause du Covid, dès 16h, mais on peut se baigner dans la rivière qui sépare le village de la plage. Le coin est vraiment très joli. Les enfants apprécient la baignade et nous le bruit des vagues et la fraicheur marine.

Nous finissons notre route à la tombée de la nuit. Nous arrivons dans le village de Palomino, blindés de touristes pour le coup puisque ce coin est réputé festif et est le premier village balnéaire à la sortie de la région de Santa Marta qui vient de se faire confiner. Nous nous posons nos affaires à l’auberge et allons retrouver nos amis Et pourquoi pas aller voir ailleurs ? dans un restaurant qui nous a été recommandé. Bon choix, le restaurant fait des ceviche et des très bons mojitos servis dans des demi-bouteilles de Corona 🙂

Le lendemain, nous prenons du temps le matin pour préparer la suite du voyage. Les enfants font école, et je passe encore quelques heures pour arriver à acheter nos billets d’avion pour Medellin dans quelques jours. C’est en effet un peu galère de payer des vols internes avec une carte bleue étrangère…

Du coup, nous sortons l’après-midi et profitons d’avoir la voiture pour aller un peu plus loin dans un village de pêcheurs pour retrouver de la tranquillité. Là-bas, nous trouvons la plage de Los Remedios, cités dans quelques blogs de voyageurs. La plage est belle et surtout il n’y a personne. L’eau n’est pas très claire car ici sur la côté, la mer est plutôt déchainée. Les vagues sont très fortes, ça remue. Les enfants sont contents comme toujours de cette pause balnéaire. Nous restons jusqu’à la tombée du jour. Nous nous changeons à côté d’une propriété privée. Un gars nous enverra ces deux gros molosses pour nous faire fuir, autant vous dire que c’est efficace 🙂

Le lendemain, nous faisons route pour le célèbre parc Tayrona, une réserve qui abrite une très belle biodiversité, située dans la Sierra Nevada avec des places turquoises et du sable blanc. C’est à l’origine la terre de l’ancienne civilisation autochtone du même nom, qui a été exterminée par les colons. Elle reste un territoire sacré pour les peuples indigènes de la Sierra Nevada.

L’entrée dans le parc est très chère alors nous avons décidé de dormir dans la réserve pour bien profiter de l’expérience. Nous avons réservé deux tentes dans un camping. Nous nous enregistrons au camping puis nous préparons nos affaires pour la randonnée qui nous attend et c’est parti. Nous nous enfonçons dans la jungle. L’air est très humide et chaud, on sue très vite à grosses gouttes. Nous restons à l’affut de la faune : oiseaux ou singes. Il y a énormément d’espèces d’oiseaux en Colombie en général, ils sont tous plus colorés les uns que les autres. Nous apprécions notre randonnée dans la jungle, les paysages que nous traversons sont dignes d’un film d’Indiana Jones. De temps en temps, nous nous rapprochons de la côte, et découvrons de magnifiques plages de sable fin et des eaux turquoises.

Nous faisons une pause déjeuner dans un boui-boui sur le chemin : pain fourré jambon/fromage et un super bon jus d’orange naturel et ça repart !

Nous rejoignons une première plage. Après ces quelques kilomètres de marche dans la jungle, cela fait du bien de se rafraichir dans « la piscina ». La plage forme une anse protégée des vagues, ce qui en fait une sorte de piscine calme pour se baigner.

Après une petite heure de pause, nous reprenons la marche pour rejoindre la dernière plage réputée du parc, Cabo San Juan. Le coin est en effet très beau. Il y a pas mal de monde mais nous sommes en pleine semaine sainte, une grosse semaine de vacances en Colombie. Les gens peuvent également venir sur cette plage en bateau depuis Taganga. Malgré le monde, cela n’enlève rien aux charmes de ce petit coin de paradis.

Nous faisons un stop un peu rapide car nous avons 7 kilomètres de marche retour, et il fait nuit à 18h30. Sur notre retour, nous pouvons observer les chauves-souris qui commencent à sortir le bout de leur nez et des petits singes curieux qui viennent nous voir de plus près.

Nous arrivons au camping à la nuit. Nous récupérons les tentes, profitons d’un petit plouf dans la piscine avant d’aller dîner. Malgré la fatigue de la marche, la nuit ne sera pas très reposante, surtout pour les enfants qui se sont trouvés un peu trop serrés dans la tente. C’est agréable pour autant d’avoir passé la nuit en pleine nature, au bord de la mer avec le bruit des vagues. Le petit bémol est qu’on n’a pas le droit d’aller sur la plage (fermée pour cause covid, certaines décisions comme partout sont incompréhensibles). Nous restons la matinée pour que les enfants profitent de la piscine avant de quitter le parc.

Nous prenons la direction de Santa Marta, nous n’avions pas eu le temps de faire le centre-ville. Alors nous décidons de déjeuner là-bas puis de faire nos courses car nous sommes confinés le soir-même jusqu’au surlendemain matin.

Nous nous posons à Taganga, au Tayron Colors Hostel, une auberge recommandée par nos amis. Elle est située sur les hauteurs de ce village de pêcheurs avec une vue splendide sur la mer. Nous avons un petit appartement avec une grande terrasse. Tout est parfait pour passer notre journée de confinement. Nous nous pressons le soir pour aller dîner dans le village avant le couvre-feu de 20h. Nous mangeons au restaurant le Pachamama, encore un super conseil de nos amis. Il est tenu par un marseillais. Le cadre est top, et la nourriture, un régal : ceviche, moules, tapenades, frites maison et j’en passe… j’ai même le droit à une part de crumble aux pommes à emporter sur le fil car les 20 heures ont déjà sonné !

Le lendemain, nous profitons de cette journée de repos pour faire l’école, se mettre à jour sur le blog, sur l’organisation de la suite du voyage… Même si nous avons fait les courses pour tous nos repas, nous craquons le soir pour un repas Pachamama livré à domicile 🙂

Le lendemain, nous sommes le 1er avril, les enfants ne manquent pas de préparer leurs poissons pendant que je fais les bagages.

Nous nous rendons à l’aéroport de Santa Marta pour rendre notre voiture de location et prendre un vol direction Medellin. Cela nous fait gagner de nombreuses heures de bus, nous avons été un peu vaccinés avec les 17 heures de bus de nuit entre San Gil et Carthagène. Ici les voyages en avion en interne sont monnaie courante et très abordables. La plage est au pied de l’aéroport, c’est assez étonnant. Du coup nous pique-niquons sur la plage à seulement 50m de l’entrée de l’aéroport.

Nous sommes prêts à prendre l’avion en mode transport frigorifique pour rejoindre de nouveau les Andes colombiennes et la 2ème plus grande ville du pays, Medellin.

A suivre…

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