Nos premiers pas au Pérou : Arequipa et sa région

7 juin 2021

Nous partons de Quito le matin. La journée va être longue et pas très directe. Nous avons trois vols au total pour rejoindre Arequipa au sud du Pérou : Quito-Guayaquil, Guayaquil-Lima et enfin Lima-Arequipa. Dès le second vol, il faut se suivre les consignes Covid du Pérou autrement dit masque et visière dans l’avion… On en a acheté in extremis sur le marché de Quito, autant dire qu’elles sont tellement de mauvaise qualité qu’on ne voit rien avec. On prend notre mal en patience le temps d’arriver à Arequipa. Nous atterrissons en début de soirée. La sortie de l’aéroport est un peu chaotique : on ne comprend pas bien la façon péruvienne de faire la queue, je dirais d’ailleurs que c’est plus chacun pour soi :). On finit par trouver un taxi qui nous amène vers notre auberge. Au moment de lui payer la course avec un billet tout neuf de 100 soles péruvien (équivalent 20€ chez nous), le chauffeur nous dit ne pas avoir la monnaie… On va vite comprendre dans les jours qui suivent que c’est difficile de caser les billets de 100 soles qui distribuent les ATM… Enfin Ludo se débrouille avec notre hotel pour payer le taxi et on peut enfin se poser. Mais malheureusement il ne faut pas trainer, le couvre-feu est dans 30 minutes, si on veut dîner il va falloir faire vite. On finit par trouver une petite boutique d’empanadas, ça le fera pour ce soir.

Le lendemain, nous partons à la découverte de cette très jolie ville, où toutes les batisses du centre-ville sont en pierre volcanique blanche. Nous rejoignons le mirador pour prendre tout de suite un peu de hauteur sur la ville. Au passage, nous croisons un réparateur de chaussures. Depuis les Galapagos mes chaussures étaient trouées alors j’en profite : pour 7 soles (1,4€!!) il me répare mes chaussures et me prête une paire de chaussures neuves le temps de faire la réparation. Que dire de plus ? Je peux repartir pour 1 an de voyages supplémentaire avec mes chaussures :).

Nous arrivons au point de vue où l’on retrouve le nom de la ville écrit en grosses lettres comme dans tous les coins d’Amérique latine. Arequipa est entourée de montagnes et de volcans. Le mirador offre un panorama splendide sur la ville et les 3 volcans Misti (5825m), Chachani encore un peu enneigé (6075m) et le Pichu Pichu (5571m). La ville, elle-même, est à 2235m d’altitude. Nous sommes bien dans les Andes et on ne va pas les quitter du Pérou.

Nous partons ensuite déjeuner dans un restaurant typique du coin, une picanteria, recommandé par un blog de voyageurs. Là le choix est très difficile, il y a une trentaine de plats dont on ne comprend pas la moitié de ce que cela peut être. On demande conseil au serveur et on se retrouve avec 3 énormes assiettes de viande cuisinée, du riz (oui ça il y en a toujours partout) et une magnifique tomate farcie qui n’en est pas une… attention ça pique !!! c’était un piment farci, très bon, mais âme sensible s’abstenir.

L’après-midi, nou nous rendons dans un grand centre commercial afin de récupérer de nouvelles cartes SIM pour le Pérou. Il a fallu s’y reprendre à deux fois pour pouvoir y rentrer car le videur à l’entrée nous réclame le port de 2 masques… Le Pérou nous fait halluciner sur ces consignes concernant la pandémie… Une fois sur place, après avoir réglé avec Claro notre prépayé, nous tombons sur un magasin de jeux vidéo. Allez on se laisse tenter : une partie de simulateur chacun. Les enfants sont aux anges.

Ensuite nous repartons dans le centre historique d’Arequipa pour flâner dans les rues. Il y a beaucoup de policiers, le gouvernement craint des manifestations. En fait, nous sommes arrivés en pleine élection présidentielle. Le président aurait dû être officiellement nommé le 8 juin mais il s’avère que la candidate perdante crie au trucage des votes donc le résultat est mis encore en suspens pour vérification bulletin par bulletin. Comme ce sont deux parties extrêmes (extrême gauche avec l’ancien instituteur et extrême droite avec la candidate asiatique qui risque 30 ans de prison si elle n’est pas élue et fille d’un dirigeant lui même en prison pour crime contre l’humanité… ça en dit long !) qui se disputent le pouvoir, il y a des risques d’échauffement de la population. Du coup, même la grande place est barricadée et on ne peut visiter la cathédrale de la place l’après-midi. Nous finissons cette journée de promenade par un petit apéro en amoureux sur un rooftop de centre historique, pendant que les enfants se reposent à l’auberge.

Le lendemain matin, nous allons visiter le monastère de Santa Catalina. Nous arrivons pour l’ouverture et avons la chance de trouver un guide francophone pour la visite. Ce monastère est juste incroyable : une ville dans la ville à l’architecture coloniale, aux couleurs chatoyantes, un havre de paix au milieu d’Arequipa où vivent encore quelques sœurs. La visite est très intéressante, nous discutons beaucoup avec le guide aussi de la vie actuelle, des élections, de la pandémie…

Après deux heures de visite, nous filons à notre cours de cuisine péruvienne que nous avons booké.

Nous sommes reçus dans une belle auberge au style colonial avec une grande cour intérieur. La chef Alejandra nous reçoit et nous donne notre équipement : tablier et chapeau de cuisinier vert anis, on dirait ratatouille:) et c’est parti pour 2 heures de cuisine. Nous préparons en entrée la Causa Rellena : il s’agit d’une entrée à base de purée de pommes de terre, thon, tomate, oignons, citrons, aji jaune et avocat. Ensuite libre à chacun de bien présenter son assiette, les enfants ont été de vrais artistes ! Pour le plat principal, nous cuisinons un lomo saltado : il s’agit d’un bœuf que l’on fait flamber à l’asiatique avec du aji jaune, de l’oignon, de la sauce soja, de la sauce d’huîtres et du vin rouge. Le tout est servi avec des frites maison et du riz bien sûr. On se régale. Et pour clôturer le tout, en dessert, elle nous sert une crema volteada, à base de quinoa sous la forme d’un riz au lait avec de la cannelle.

Après ce super moment en famille, nous rentrons à l’auberge. Sur la route, nous passons par le marché que notre guide du monastère nous a conseillé de voir. La structure du marché a été réalisée par Gustave Eiffel lui-même. A l’intérieur, tout est organisé par rayons viande, poissons, légumes, fruits, jus, plantes médicinales… C’est impressionnant et les étals sont appétissants. On découvre la spécificité du Pérou : les pommes de terre. Ils en ont plus de 3000 sortes différentes !! Nous ne regrettons pas ce petit détour.

Nous récupérons nos sacs à l’auberge et nous filons au terminal de bus pour prendre un collectivo en direction de Chivay, point d’entrée du Canyon de Colca. Sur le coup, nous ne sommes pas bien rassurés car le chauffeur charge une énorme bouteille de gaz dans le coffre un peu difficilement, on ne voudrait pas que ça pète sur la route ! On se renseigne, il s’agit d’oxygène. Bon on se décide à le prendre quand même. C’est parti pour 4 heures de route. On met beaucoup de temps à quitter la ville comme toujours entre les bouchons et les arrêts intempestifs. Mais une fois sur la grande route, nous sommes subjugués par les paysages de montagnes désertiques. Cela nous change beaucoup de ce que nous avions vu jusqu’à maintenant en Equateur et Colombie. La fin du trajet sera un peu plus désagréable car il fait nuit et ça tournicote dans tous les sens, Hugo est d’ailleurs bien brassé. Nous arrivons donc à la nuit dans la ville de Chivay. Le terminal est un peu en dehors, nous passons par pleins de petites ruelles pour rejoindre la place centrale et notre hotel. Au hasard d’une de ces ruelles, nous sommes surpris par un petit chien argneux et un gros berger allemand. J’essaie de traverser vite en protégeant Malo qui a très peur. Il en perd sa casquette par terre, et le petit chien se fait un plaisir de la récupérer et de filer avec. Avec le berger allemand qui grogne fort, je console Malo pour sa casquette et lui dis qu’il vaut mieux filer, on en trouvera bien une autre au Pérou… Nous arrivons enfin à notre hotel, les chambres sont très bien mais par contre il y fait un froid de canard. Pour preuve, il y a 4 grosses couvertures de alpaga sur le lit ! On part vite dîner avant le couvre-feu dans une pizzeria où il fait tout aussi froid. On mange en doudoune et bonnet !

Le lendemain matin, nous nous levons tôt pour attraper le collectivo de 8h en direction de Canabaconde où se trouve le mirador del condor. Contrairement aux 2 heures de route annoncées, nous arrivons au bout de seulement 45 minutes à destination. La route pour s’y rendre est très belle car elle longe le canyon de Colca qui se creuse de plus en plus au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Chivay. Nous arrivons donc un peu avant 9h au mirador del condor, c’est parfait car on nous a indiqué que les condors pouvaient être visibles entre 9h et 11h le matin seulement. Ce mirador domine le canyon, qui s’enfonce de plus de 3000m de profondeur. Autant vous dire que le paysage est vraiment à couper le souffle. Nous quittons vite le mirador principal où tous les touristes s’agglutinent (certes il n’y en a qu’une vingtaine c’est rien par rapport au temps normal…) pour rejoindre un autre mirador en contre-bas où nous sommes tous seuls. Et là, que le spectacle commence ! Nous voyons un, deux, trois… en fait une dizaine de condors qui pendant deux heures vont voler au dessus de nos têtes, s’enfoncer dans le canyon, remonter… Un vrai balai de ces oiseaux majestueux pouvant atteindre 3,5m d’envergure les ailes déployées. Lors qu’ils passent au dessus de nos têtes, nous entendons même le bruit de l’air glissant sur leurs ailes. Nous sommes subjugués et passons près de deux heures à les observer. Nous sommes tellement gâtés que nous décidons de nommer le 10 juin la journée officielle du condor ! Puis nous continuons la boucle des miradors, 5 kms au total, pour profiter pleinement du paysage de ce canyon. De retour au mirador principal, il n’y a plus personne, même pas les femmes Queschuas qui vendaient des souvenirs. Nous patientons une dizaine de minutes avant d’alpaguer un collectivo pour rejoindre le village de Canabaconde.

Nous nous installons à notre auberge, la Pachamama où on prend notre déjeuner. Puis nous repartons l’après-midi pour une petite ballade sur les hauteurs du village pour aller voir des ruines pré-incas. Au final, on marche quand-même 3 heures, 8km et une bonne grimpette de 350m de dénivelé positif pour rejoindre ce site. Mais le panorama est juste encore incroyable : d’un côté l’autre vallée et une autre chaine de montagnes avec la fumée d’un volcan au loin, de l’autre côté les flans de montagnes en terrasses qui descendent jusqu’au début du canyon, et la vue au loin sur ce profond précipice creusé par la rivière Colca. Nous terminons cette randonnée à la lueur du soleil couchant. Dès que la nuit est là, il recommence à faire très très froid. Nous rentrons vite à l’auberge et préparons notre dîner : une bonne soupe bien chaude.

Le lendemain matin, nous décidons de faire le tour des miradors du village sur le canyon. Les deux chiens du propriétaire ont décidé de nous suivre dans notre ballade, pour le plus grand bonheur des enfants. Nous rejoignons donc deux premiers miradors en bordure du village, nous prenons quelques photos puis décidons de continuer sur le chemin du trek qui descend tout au fond du canyon. Pour le coup, c’est une autre partie de plaisir… Ludo avec son vertige préfère avancer vite jusqu’au prochain mirador et nous laisse Louis et moi à la traine. Hugo et Malo suivent leur père facilement avec les 2 chiens vu qu’ils n’ont pas de vertige. J’emmène pas large et je constate que Louis prend énormément sur lui pour avancer à bonne allure sur le chemin. Avant le tour du monde, il serait resté prostré quelque part pour ne plus avancer, qu’est-ce qu’il a progressé sur ce point, je suis fière de lui. Les chiens ne nous facilitent pas la tâche. Un troupeau de moutons paissaient tranquillement sur les flans très raides de la montagne. Ils ont décidé de les pourchasser. Du coup, on se retrouve à croiser sur ce chemin escarpé des moutons apeurés et des chiens excités… Bref ils nous font de bonne frayeur. Nous nous arrêtons à un dernier point de vue donnant un autre angle sur le canyon : nous faisons quelques photos, Ludo fait voler son drone puis nous rebroussons chemin rapidement pour retrouver des terres plus sûre. Nous rentrons toujours avec les chiens (bien qu’on a vraiment failli les perdre dans la montagne avec ces moutons) à l’auberge pour le déjeuner.

Le temps de prendre notre repas, puis nous repartons avec nos affaires pour prendre un collectivo en direction de Chivay. Une fois à Chivay, nous posons nos affaires à l’hotel. Nous allons faire un tour au marché artisanal, puis nous allons négocier notre trajet de bus touristique du lendemain pour rejoindre le lac Titicaca. On rentre ensuite se reposer un peu à l’hotel avant le dîner. Puis nous partons en quête d’un restaurant « chauffé » (peine perdue, personne ne chauffe sa maison ou son restaurant au Pérou) ou du moins avec des portes fermées pour dîner (oui oui je vous assure, tous les restaurants laissent les portes d’entrée grande ouverte). Chivay est vraiment l’endroit le plus froid qu’on ait connu de notre voyage. On finit par trouver le restaurant qui fera l’affaire pour ce soir avec un petit cocktail pour nous réchauffer en apéro.

Le lendemain matin, nous avons un peu de temps pour profiter encore du coin. Nous décidons alors de tester les thermes à une dizaine de minutes de la ville. Les thermes sont organisés en plusieurs bassins à différentes températures. Du fait de la pandémie, ils essaient de ne pas mixer les gens dans les bassins. Du coup, on se retrouve dans le plus grand et le plus chaud des bassins, tous les 5, à se relaxer face à la magnifique vue sur le canyon, de quoi bien rattraper le froid des nuits passées.

Quand nous sortons des thermes, nous trouvons un petit boui-boui qui prépare une truite à la plancha. On se décide à manger rapidement là avant de rejoindre notre bus touristique. La truite est excellente, on se fait bien plaisir. Ensuite c’est un peu la course : nous prenons un taxi pour récupérer nos affaires à l’hotel puis nous courons à notre point de rendez-vous pour le bus.

Nous décollons en tout début d’après-midi pour une longue route en direction du lac Titicaca.

A suivre

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