Le Sud Lipez

1er août 2021

Nous partons à 7h30. Notre chauffeur et guide Wilmer nous attend pour embarquer dans le 4×4. On charge les sacs sur le toit, nous passons prendre Augustina, notre cuisinière et c’est parti !
Nous quittons Tupiza. Nous traversons encore ces paysages de montagnes ocres digne du Far West américain : des aiguilles érodées par le vent et la pluie se dressent vers le ciel. Puis le paysage commence à changer, les couleurs, la végétation… On commence à croiser nos premiers lamas. Nous quittons la route en pleine pampa pour commencer à grimper en altitude. Nous longeons le flan de montagne et découvrons une vue incroyable sur toute la région de Tupiza. On retrouve ces montagnes aux formes découpées par les vents et l’eau et mais cette fois elles sont beiges. Ce tour en 4×4 commence fort.

Nous reprenons la route et continuons à monter au delà des 4000m d’altitude pour rejoindre l’alti plano. Et là on n’arrête de compter les lamas et vigognes. On en voit par centaines. Il faut savoir que ces animaux sont de la famille des camélidés. Les vigognes sont toute de même couleur un beige doré, qui nous rappellent les gazelles de Namibie. Ils sont sauvages. Les lamas quant à eux sont des animaux d’élevage. Ils ont des couleurs variés du blanc au marron ou noir parfois mixés. Ils ont des sortes de pompoms colorés accrochés à leurs oreilles qui permet de distinguer à quel propriétaire ils appartiennent.

Nous nous arrêtons pour la pause déjeuner sur le site de la Ciudad de Encanto. Nous sommes seuls sur le site alors qu’avant la pandémie il y avait une quinzaine de voitures  à cette heure. Ce site incroyable est un véritable terrain de jeux surtout pour les enfants. De grandes colonnes, mélange de sables et de roches, se dressent devant nous telles des cathédrales. Il y a pleins de coins et de recoins pour jouer à cache-cache. Nous faisons le plein de photos pendant que Augustina prépare notre repas. Puis nous passons à table, on se régale. On nous l’avait conseillé, on confirme les talents de la cuisinière.

On remballe tout et on repart. Nous faisons quelques stops photos le long de la route. Nous commençons à croiser des paysages de rivière gelée, de lagune en partie asséchée laissant apparaître des nuances de couleurs et notamment le blanc qui fait penser au sel mais nous ne sommes pas encore au Salar.

Nous nous arrêtons ensuite à San Antonio de Lipez. Il s’agit d’un ancien village de mineurs qui date du 16eme siècle, du temps des incas. Il a été déserte il y a seulement 20 ans à cause de la haute altitude 4650m alors que le nouveau village est à 4200m, ainsi que du fait des croyances concernant la présence du diable. Pour les mineurs, si la mine rapporte beaucoup, c’est que le diable est là. Comme la vie ne tournait pas rond dans le village, les habitants ont mis cela sur le compte du vilain et ont fui ce village. Il n’en reste aujourd’hui que des ruines envahies par les vizcacha, une sorte d’écureuil de la taille d’un gros lapin. Le site est impressionnant par sa taille et son panorama. On s’y ballade un bon moment avant de retrouver notre 4×4.

Nous reprenons la route traversant des paysages incroyables changeant d’un col à un autre. Nous arrivons sur un mirador à 4860m avec une vue plongeante sur la lagune Morijon au pied du volcan Uturunku. Puis nous continuons en longeant le canyon et en laissant le volcan sur notre gauche jusqu’à arriver à notre point de chute pour la nuit.

Nous prenons nos marques dans la chambre fraîche. On se rhabille tous avec sous-couche, couche et sur-couche pour affronter le froid qui va s’installer petit à petit. Augustina nous prépare un petit encas biscuits et thé pour nous réchauffer. Les enfants s’amusent et de notre côté nous discutons de la suite de notre TDM. Puis vient le dîner : un soupe de légumes, des croquettes à la viande servies avec une purée. Mais Augustina pense aussi à Hugo et prépare des croquettes végétariennes. Et oui depuis nos moments partagés avec les 5 couleurs primaires, Hugo s’est laissé convaincre par Enzo de passer au végétarien !
Après ce bon dîner, c’est le branle bas de combat pour se coucher a l’intérieur du duvet sous les 6 couches de couverture avec à peine le bout du nez dehors. La nuit s’annonce fraîche…

Le lendemain, nous prenons la route vers 8h du matin. Nous quittons le village Et repartons dans les paysages déserts où l’on ne voit qu’une seule route à l’horizon. Nous avons l’impression d’être au bout du monde. Nous observons de grandes prairies jaunes entourées de montagne où paissent pleins de troupeaux de lamas. Wilmer s’arrête devant la casa de llamas. On comprends très vite de quoi il s’agit : les lamas sont parqués pour la nuit dans un enclos. Ils sont serrés les uns contre les autres comme les jours de pointe dans le métro parisien. Nous nous éternisons un long moment à les observer et les écouter gémir.

Nous continuons la route à travers différents cols. A chaque passage de montagne, on est surpris par un nouveau panorama. C’est comme ce que nous avons connu Namibie, la région est plutôt désertique et pourtant tellement riche en paysages différents. Au bout d’un temps, nous arrivons à la lagune de Hedionda Del Sur, impressionnante par sa taille et son contraste de couleurs passant du bleu, au ocre puis au blanc. Une bonne partie de la lagune est gelée mais Wilmer nous invite à la prudence. La glace n’est pas assez solide pour que nous puissions marcher dessus et pourtant nous sommes déjà à 4532m d’altitude !

Nous continuons la route à peine quelques kilomètres plus loin, nous découvrons une nouvelle lagune, celle de Kollpa. Nous observons nos premiers flamants roses de Bolivie, oui oui ! A 4000m d’altitude, il y a bien des flamants roses surnommés Frozen Flamingo en anglais. La lagune rappelle les marais salans. Elle est en effet exploitée pour son carbonate de sodium qu’ils transforment pour la cuisine et le soin des cheveux notamment.

Nous continuons notre route sur les hauteurs et débouchons sur une immense plaine désertique en contrebas  recouverte en bonne partie par deux lagunes : la laguna Chalviri et sa voisine Salada aux nuances de vert, jaune, bleu et blanc. Le panorama est juste dingue car en arrière plan nous pouvons voir la cordillère des Andes et ses sommets colorées.

Nous traversons la lagune composée à 25% de sel (ce n’est pas encore le Salar) en 4×4 pour se rapprocher de la cordillère et rejoindre un autre coin tout aussi incroyable : un désert de sable et gravier jaune ocre parsemé de quelques monticules de pierre improbables. Ce paysage rappelle les toiles d’un célèbre peintre espagnol, ce qui lui vaut d’ailleurs son nom de désert de Salvador Dali.

Nous continuons ensuite jusqu’aux frontières chilienne et argentine délimitées par les sommets des Andes. Nous sommes si proche (4-5km seulement) et pourtant si loin ( les frontières sont bien fermées et très surveillées). La route petit à petit disparaît au profit de deux lagunes singulièrement différentes alors qu’elle sont juste voisines d’1 km à peine : la laguna blanca et la laguna verde. La lagune blanche est couverte en partie de neige. La lagune verte doit sa couleur turquoise à la présence de cuivre et d’arsenic dans ses eaux. Nous profitons de ce superbe panorama pendant une les enfants jouent aux boules de neige ou font des cairns.

Après une belle pause sur ce site, nous rebroussons chemin jusqu’à la lagune Chalviri où se trouvent des eaux thermales naturellement chaudes dans des piscines creusées dans la pierre avec un panorama exceptionnel sur la lagune. Nous nous baignons pendant qu’Augustina prépare le déjeuner. Que de demander de plus : un bain chaud à plus de 4000m d’altitude seuls avec une vue splendide !!

Nous déjeunons à l’intérieur. La famille qui nous reçoit dans ses murs a des petits jumeaux trop mignons.

Après le déjeuner, nous faisons route vers les geysers Sol de Manana. Ce ne sont pas des geysers comme on l’imagine crachant de l’eau à des hauteurs incroyables. La région exploite depuis quelques années la géothermie, cela a fait baisser du coup la pression des geysers. Le paysage est composé d’une multitude de boyaux dans le sol. Certains crachent de la vapeur à forte pression et ça fait le bruit d’une énorme cocotte minute. D’autres sont remplis d’une boue grisâtre en ébullition. Le sol est nuancé de gris, ocre et jaune à cause du sulfure. Nous nous croyons sur une autre planète.

Nous repartons pour notre dernière étape du jour. De nouveau, le paysage change brutalement, nous sommes dans un désert de roches volcaniques.

Wilmer nous arrête sur un mirador avant qu’on redescende en altitude. En contrebas se trouve la laguna Colorada. Elle est encore plus belle que les autres avec ses couleurs et ce rose qui contraste avec le blanc. Elle est immense et semble couverte de groupe de flamands roses. Nous descendons alors pour rejoindre la rive de la lagune. Nous partons faire un petit tour de la lagune bravant le froid. Nous sommes quand même à 4300m d’altitude et le vent souffle fort. Mais les lueurs de la fin de journée nous offre un superbe spectacle : le rose contraste encore plus avec le blanc (qui n’est pas du sel ni de la neige mais du borax) et le vert. Nous restons longtemps avec Ludo pour admirer les flamants roses et ces couleurs alors que les enfants rentrent vite à la voiture dès que nous avons fini de prendre les photos.


Nous arrivons à notre auberge. Nous avons le plaisir de voir que ce soir nous aurons le luxe d’un petit poêle pour chauffer le grand couloir qui nous fait office de salle à manger. A défaut de nous réchauffer vraiment, ça fait du bien psychologiquement pour affronter le froid de la région. En plus, Augustina nous fait plaisir en nous servant des frites maison au dîner. Après le dîner et quelques parties de cartes, nous allons nous coucher dans notre duvet sous 5 couvertures cette fois.

Le lendemain, nous nous réveillons au bord de la lagune colorée. Nous sommes seuls dans l’auberge, c’est paisible comme tout. Ce matin, Augustina nous a préparé de superbes pancakes maison, de quoi bien commencer la journée.
Nous décollons à 8h. Nous avançons le long de la lagune et nous nous arrêtons sur un dernier mirador. Les eaux sont moins roses avec la lumière du matin mais il y a de beaux contrastes et toujours des centaines de flamants roses tranquilles les pattes dans l’eau gelée. Ludo veut en profiter pour faire quelques vues en drone. Malheureusement ce dernier tombe au bout de quelques mètres, les hélices sont définitivement pétées et en plus du sable s’est glissé un peu partout… Gloups !! On va voir comment réparer tout cela plus tard. Profitons de cette belle journée qui nous attend.

Nous quittons la lagune et rejoignons le désert de Siloli : un désert de sable et de gravier qui longe la frontière chilienne marquée par les sommets des Andes très colorées, mélange de jaune, rouge, blanc, marron… Au bout d’un moment, nous voyons apparaître au milieu de nulle part des monticules de pierres aux formes étranges. Ce site s’appelle arbol de piedra. On s’y arrête et s’y promène un bon moment. Les enfants s’amusent à escalader un peu de partout, un véritable terrain de jeu géant.

Nous reprenons la route ensuite en direction des lagunes. Le paysage change au fur et à mesure que l’on avance : le désert de gravier se transforme en désert de pierres. Nous quittons les montagnes colorées. Wilmer fait un demi tour pour profiter d’un dernier point de vue sur ces montagnes avant de reprendre la route.

Nous descendons ensuite toujours dans un paysage désertique de grosses pierres jusqu’à que l’on traverse une première lagune  en majorité asséchée. Puis on passe un col et on découvre une magnifique lagune en partie gelée, la lagune Honda. Wilmer nous dépose sur les hauteurs pour qu’on puisse se promener le long de la lagune avant de le retrouver un peu plus loin. Le coin est paisible, les couleurs sont magnifiques, nous sommes une fois de plus bluffés par le paysage. Les enfants, eux, rejoignent vite la lagune pour faire des ricochets sur l’eau en partie gelée.
Quand nous arrivons au 4×4, nous questionnons Augustina sur les herbes qu’elles étaient en train de ramasser. En fait elle utilise des plantes pour faire brûler les cheveux qu’elle perd car selon une croyance ancienne si ses cheveux partent d’eux-mêmes avec le vent ils s’envolent avec son esprit.

Nous reprenons la route jusqu’à une seconde lagune, celle de Chiar Khota, toujours très jolie. On s’arrête juste le temps d’une photo.

Puis nous continuons sur une troisième à seulement quelques kilomètres, la lagune de Hedionda. Plusieurs centaines de flamants roses barbottent dans la lagune. Les eaux refletent le ciel et les montagnes alentours. Nous longeons la lagune à pied. Juste avant de repartir, nous voyons une mini tornade qui file sur la rive avant de s’évanouir dans le ciel.

Nous repartons pour une dernière lagune à une dizaine de minutes, la lagune Canada. C’est notre point de chute pour le déjeuner. Pendant qu’Augustina prépare tout, nous nous promenons le long de la lagune, observons encore les multiples flamants roses dans un cadre toujours aussi idyllique et encore différent des autres lagunes. On ne s’en lasse pas. Et en plus, on déjeune devant ce panorama, que demander de plus, si les talents de cuisinière d’Augustina qui s’est levée à 5h du matin pour tout préparer !!! A côté de nous, les mouettes nous guettent espérant finir nos restés. Oui oui j’ai bien dit des mouettes à 4000m d’altitude et très loin de la mer. La Bolivie ne cessera de nous surprendre !

Après le déjeuner, nous quittons notre dernière lagune de la journée et reprenons la route en direction du fameux Salar d’Uyuni. Nous roulons sur des grandes plaines désertiques tout en longeant les sommets andins qui nous séparent de quelques kilomètres seulement du Chili. De temps en temps, nous croisons le chemin d’une ou deux autruches. Oui il y a aussi des autruches à 4000m d’altitude, elles sont plus petites que les africaines et sont grises cendré. Nous nous arrêtons au mirador du volcan Ollague. Ce volcan est à cheval entre les deux pays. Il est encore en partie actif, on aperçoit quelques fumeroles. Le point de vue se trouve sur une vaste étendue de magma pétrifié. Avec le travail du temps et l’érosion, on a l’impression d’être sur la planète Mars, avec ses roches aux formes singulières. C’est aussi un beau terrain de jeux pour les enfants.

Nous repartons et nous éloignons désormais du Chili. Nous traversons pendant près d’une heure le Salar de Chiguana, c’est dire si cette immense lagune est immense et pour la majeure partie de sa surface complètement asséchée. Ce salar est constitué de sel seulement à 25%, rien à voir avec celui d’Uyuni qui lui est à 100% !Puis nous retrouvons la route ou plutôt la piste. Nous nous rapprochons du Salar d’Uyuni. Nous commençons d’ailleurs à distinguer a l’horizon une grande ligne blanche… D’un côté de notre route, nous avons le désert, de l’autre des montagnes recouvertes de cactus qui laisse entrevoir la démarquation de ce qu’était le lac du Salar il y a bien longtemps avant que cela ne devienne un désert de sel. Il paraît même qu’on peut retrouver des coraux sur ces montagnes mais nous sommes trop loin pour le voir.
Nous arrivons en fin de journée à notre auberge au Salar d’Uyuni.

A suivre …

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